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Liège, le 18 juillet 2005
Monsieur R. DEMOTTE
Ministre de la Santé Publique
Avenue des Arts, 7
1210 Bruxelles
concerne : Nouvelles professions de la santé : titre de sexologue clinicien
Monsieur le Ministre,
Nous vous savons désireux d'apporter des modifications à l'Arrêté royal n°78 relatif aux professions de la santé. Il importe assurément que certaines professions, dont la sexologie clinique, soient enfin reconnues dans leur spécificité. Un titre légal de sexologue clinicien serait en effet de nature à fournir au public des garanties quant aux qualifications du prestataire se prévalant de cette appellation. Nous vous remercions de vous soucier de la chose.
Dans un esprit de collaboration et au vu de divers avant-projets portés à notre connaissance, nous tenons à attirer votre attention sur deux points importants à nos yeux :
- Il importe que l'exercice de la sexologie clinique puisse s'accomplir dans l'indépendance des intérêts corporatistes de professions tierces. Il nous serait en l'occurrence difficile d'admettre l'immixtion de cliniciens étrangers à la profession (i.e. des psychologues ou des médecins non sexologues) dans un organe officiel chargé de rendre avis sur des matières propores à la sexologie clinique. La formation des sexologues cliniciens de même que leur déontologie inscrivent naturellement leur pratique dans une perspective de collaboration avec les disciplines connexes. La présence de membres non sexologues au sein d'un Conseil ou d'un Collège de sexologues cliniciens pourrait dès lors être ressentie comme outrageante, et ses motifs comme suspects, surtout en l'absence de dispositions réciproques.
- La santé sexuelle se définit comme étant l'expérience d'un processus continu de bien-être physique, psychologique et socioculturel concernant la sexualité (OMS, 2000). Dès lors, caractériser la sexologie comme relevant de la « santé mentale » nous paraîtrait trop restrictif. On ne peut ignorer que la sexualité se développe à l'intersection de réalités biologiques, relationnelles, psychologiques et socioculturelles. L'expertise en ce domaine exige par conséquent de larges connaissances sur les composantes anatomophysiologiques de la sexualité autant que sur ses composantes psychosociales. La sexologie clinique est par excellence un domaine transdisciplinaire qui coiffe différents secteurs professionnels. Nous trouverions dommage qu'une appellation malheureuse n'en favorise une perception réductrice.
De manière générale en outre, la notion de santé mentale nous semble connotée d'une inopportune dualité corps/esprit, laquelle supposerait à tort que les phénomènes psychosociaux et physiologiques doivent s'envisager isolément l'un de l'autre.
D'un point de vue scientifique, le concept de santé mentale nous paraît en somme peu consistant, peu maniable. Nous comprendrions mal la nécessité de regrouper sous cette appellation des professions diverses qui, finalement, n'ont en commun que de demeurer ignorées de l'AR 78.
En espérant que nos réflexions soient utiles à la bonne finalisation de votre projet législatif, nous nous tenons à votre disposition pour tout développement complémentaire, et nous vous prions d'agréer, Monsieur le Ministre, l'expression de nos sentiments distingués.
Pour le Conseil d'Administration,
| Michel AMAND |
Philippe KEMPENEERS |
| Président de la S.S .U.B. |
Vice-président de la S.S .U.B. |
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