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Le statut légal du sexologue clinicien : actualités |
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Comme ses prédécesseurs Agalev, l’actuel ministre PS de la Santé, M. R. Demotte, souhaite lui aussi une reconnaissance légale d’une série de nouvelles professions de la santé telles la psychologie clinique, la sexologie clinique ou la psychothérapie. Ce qui cependant diffère, ce sont les modalités de réglementation envisagées. Tandis que MM. Alvoet et Tavernier prévoyaient une réglementation distincte pour chaque nouvelle profession de la santé, M. Demotte opterait plutôt, lui, pour un package législatif commun à l’ensemble des professions de la santé mentale.
Chaque catégorie serait chapeautée par un “ Collège ” de sept membres. Celui qui nous concerne, le “ Collège des psychologues, sexologues et pédagogues ” serait composé de 4 psychologues cliniciens, 1 sexologue clinicien et 2 orthopédagogues cliniciens. L’ensemble des trois collèges serait à son tour coiffé d’un “ Conseil supérieur des pratiques relatives à la santé mentale ”, lequel se composerait de représentants des trois collèges. C’est à lui qu’il reviendrait de donner au Ministre des avis “ en toute matière relative à la santé mentale. ” Que penser du projet? Il importe de garantir au public la qualification du prestataire lorsqu’il s’adresse à un sexologue clinicien. En cela la reconnaissance légale du statut est évidemment une bonne chose. L’assimilation de la sexologie clinique à une profession de la santé mentale laisse perplexe. D’un point de vue théorique d’abord. A l’heure où la santé se conçoit de plus en plus comme un état d’équilibres auquel participent conjointement des facteurs biologiques, psychologiques et sociaux, n’est-il pas scientifiquement rétrograde de distinguer une santé “ mentale ” du reste du champ de la santé? L’inadéquation d’une telle distinction apparaît avec plus d’évidence encore s’agissant de santé sexuelle : pour le dire simplement, on ne fait pas l’amour “ seulement avec sa tête ”, tout le monde en conviendra, comme tout le monde conviendra aussi que la satisfaction sexuelle ne dépend pas seulement du bon fonctionnement des organes. La sexologie clinique est par excellence un domaine transdisciplinaire, elle exige de solides connaissances tant sur le plan anatomophysiologique que sur le plan psychosocial. Pourquoi faudrait-il exclure les considérations somatiques de son champ?
Telle est la réalité actuelle de la sexologie clinique, et tel est ce qu’une réglementation devrait à notre sens garantir officiellement. Or nous craignons qu’en définissant la sexologie clinique comme une profession de la santé mentale, la spécificité professionnelle de praticiens d’orientation principalement biosexologique ne passe à la trappe. N’importe-t-il cependant pas de reconnaître qu’une prescription de médicaments sexoactifs par exemple est un acte posé en meilleure connaissance de cause par un médecin sexologue que par un médecin non sexologue ? N’importe-t-il pas de reconnaître encore que l’amélioration de la santé sexuelle peut également passer par des exercices de rééducation et de mobilisation pelviennes ? Ne sont-ce vraiment là que de simples actes de kinésithérapie ? Nos réflexions critiques pourraient être contrebalancées par les arguments pragmatiques suivants :
Nous ne sommes malheureusement pas convaincus du dernier point. De fait, selon les termes du projet, il serait du ressort du Conseil supérieur des pratiques relatives à la santé mentale de donner au Ministre des avis “ en toutes matières relatives à la santé mentale ” et de proposer “ des principes généraux de déontologie communs à l’ensemble des professions de la santé mentale. ” Dans ces conditions, les spécificités corporelles de la sexologie clinique ne risquent-elle pas de se voir oubliées? En définitive, dans cet organe, nous serions portion négligeable. Le Conseil supérieur des pratiques relatives à la santé mentale serait en effet composé de représentant des trois Collèges, chacun composé de 7 membres. La représentation des sexologues cliniciens au sein du collège qui les concerne étant de 1 sur 7 (cfr. supra), la proportion théorique de ceux-ci au sein du Conseil supérieur s’établirait au bout du compte à 1 sur 21... Noyés parmi les psy, serons-nous capables de défendre notre spécificité? Enfin, la réglementation du statut de psychothérapeute est certainement le point du projet qui fait couler le plus d’encre dans les milieux professionnels. Pour l’essentiel, le débat a trait aux rôles respectifs des secteurs privé et public dans l’organisation des formations. Pour sa part, la SSUB est surtout attentive à ce que les diplômés en sexologie clinique soient reconnus éligibles à ce type de formation. Le projet de M. Demotte ne semble pas y faire obstacle, il n’appelle donc pas nos commentaires. Il est à noter que la lettre adressée le 18/07/2005 par la SSUB au Ministre Demotte reste à ce jour sans réponse. Elle est consultable sur le site de la SSUB, de même que d’autres documents relatifs au statut de sexologue clinicien.
Philippe Kempeneers Vice-président
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